Actualisation en date du 16 novembre 2021

Cet article d’actualité reflète un état des lieux sur le sujet traité à la date de sa publication. L’évolution ultérieure de la situation peut le rendre en tout ou partie caduc.

Le 29 juin dernier, le Président de la République, a annoncé un projet d’investissement historique de 7,5 milliards d’euros dans le secteur de la e-santé lors du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS). Ainsi, dans le cadre du plan “Innovation Santé 2030”, Emmanuel Macron a exprimé son ambition : faire de la France, la 1ère nation européenne innovante et souveraine en matière de santé. C’est dans cet esprit que la stratégie d’accélération “Santé numérique » (SASN) a été officiellement lancée le 18 octobre dernier. Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a réaffirmé, à cette occasion, le « soutien inédit de la puissance publique » au numérique en santé, via le lancement de l’Espace numérique de santé, le Ségur numérique et la stratégie d’accélération.

Quelle est la répartition du budget de la stratégie innovation santé ?

Le budget d’investissement décrit ci-dessus s’établit de la manière suivante :

  • 1 milliard d’euros pour renforcer la recherche biomédicale ;
  • 2,2 milliards d’euros injectés dans les domaines d’avenir parmi lesquels 800 millions d’euros seront dirigés vers le développement de biothérapies, 650 millions d’euros vers la médecine 5P (préventive, personnalisée, prédictive, participative et basée sur les preuves) et 750 millions d’euros seront dédiés à l’anticipation d’éventuelles pandémies ;
  • 3,5 milliards d’euros destinés à l’investissement dans les industries de santé.

Quels sont les grands axes de cette stratégie inédite ?

C’est toute une délégation qui s’est rendue dans l’incubateur Station F pour présenter les grands axes de la stratégie considérée comme inédite par les autorités publiques et exposer comment l’allocation des 650 millions d’euros sera ventilée. En effet, Olivier Véran, Ministre des Solidarités de la Santé était accompagné du Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, de la Ministre déléguée chargée de l’Industrie et du Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques. D’après le communiqué de presse, élaboré par David Sainati, coordinateur de la stratégie d’accélération santé numérique, au nom du gouvernement français, les grands axes de la stratégie “Santé numérique” sont les suivants :

  • Encourager la transition d’une médecine curative, en silos, vers une approche plus préventive, plus prédictive et plus personnalisée ; 
  • Favoriser l’émergence d’un écosystème important de l’e-santé en France, capable de s’imposer sur un marché mondial compétitif ; 
  • Traiter de manière sécurisée et éthique la donnée de santé, sans dépendre de quelques acteurs soumis à une réglementation moins protectrice des données personnelles

Comment seront alloués les 650 millions d’euros ?

L’objectif de la stratégie d’accélération santé numérique se définit comme suit :

 

  • Consacrer 81 M€ dans la formation de l’ensemble des acteurs de la filière santé numérique. L’objectif consiste à former 2 000 ingénieurs en santé, 200 juristes en santé numérique et 450 experts en réglementation des dispositifs médicaux numériques (soit un budget s’élevant à 15,5 millions d’euros). Il s’agit par ailleurs de former les cadres de la santé publique à la santé numérique et de mettre en place des modules de formation qui seront financés pour l’École des hautes études en santé publique (EHESP).
  • Investir 60 M€ dans la recherche sur les données de santé et notamment dans les PEPR (Programmes et Équipements Prioritaires de Recherche) ;
  • Dédier 20 M€ par an à l’appel à projet pour l’évaluation du bénéfice médical et / ou économique des dispositifs médicaux numériques ou à base d’intelligence artificielle ;
  • Déployer, grâce à une enveloppe de 35 M€, à grande échelle, des solutions en santé numérique, visant à « simplifier l’accès à l’achat hospitalier » pour les innovations en santé numérique.
  • Créer 30 tiers lieux d’expérimentation d’ici 2025 pour un budget de 63 M€ ;
  • Investir 95M€ pour soutenir l’excellence de la filière de l’imagerie en France. Agnès Pannier-Runacher, Ministre déléguée auprès du Ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie a précisé, à ce titre, que la filière d’imagerie médicale sera soutenue par un appel à projets qui vise à « faire émerger une cinquantaine de projets » dans des secteurs de pointe comme l’imagerie hybride, l’imagerie nomade ou la flash-thérapie, via le concours i-Nov et le guichet I-Démo de Bpifrance.
  • Renforcer de 50M€ les aides à l’innovation ciblées sur les nouveaux usages numériques en santé.

La stratégie d’accélération “Santé numérique” permettra-t-elle à la France d’atteindre le statut de leader auquel elle prétend ?

L’ambition est grande : elle vise à hisser la France à un niveau compétitif à l’échelle mondiale. Le plan a pour vocation d’appuyer la recherche, de favoriser l’innovation et de structurer un tissu d’entrepreneurs. Une agence Innovation Santé devrait, par ailleurs, être créée pour mener à bien le projet. Bien qu’il soit encore tôt pour évaluer les transformations majeures qui ressortiront de cet important budget alloué, il s’agit d’une bonne nouvelle pour l’ensemble des acteurs de la e-santé dans l’hexagone !

 

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