Les enfants ressentent la peur et l’inquiétude des adultes, comme en témoigne cette émouvante vidéo d’un père tentant de rassurer son fils après les attentats de Paris. Le constat de ces sentiments peut générer un état d’angoisse, voire un véritable choc émotionnel. Face aux événements tragiques (qu’il s’agisse d’actes terroristes vus dans les médias ou d’un deuil familial), il faut que l’enfant s’exprime. C’est le rôle des parents, des enseignants et des praticiens de l’aider à mettre des mots sur ses sentiments. Voici ce que conseille l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) pour vous aider à parler des attentats aux enfants.

Ne cachez pas la réalité des événements aux enfants

Vous ne pouvez préserver votre enfant de l’information. Que ce soit en écoutant la télévision, la radio ou bien dans la rue ou à l’école, il apprendra tôt ou tard que des événements tragiques ont eu lieu. Les enfants sont extrêmement sensibles aux sentiments de leurs parents. Si vous lui cachez la gravité de la situation, il en sera d’autant plus apeuré. Il faut donc en parler et ne pas tarder à l’aider à mettre des mots sur ce qu’il ressent. N’oubliez pas qu’un enfant réfléchit et qu’il a probablement sa propre théorie sur la question. S’il vous interroge, n’hésitez pas à lui demander ce qu’il en pense avant de lui répondre. Essayez également de le préserver des images choquantes diffusées à la télévision. Coupez-le aussi des discours politiques, dites-lui simplement que les autorités discutent pour trouver des solutions.

Adaptez vos mots à l’âge de votre enfant

Démocratie, terrorisme, religion, mort, peur, sont des mots qui n’ont pas la même dimension en fonction de la personnalité et de l’âge de chaque enfant. Pour en parler il faut utiliser des termes simples, adaptés à son âge et à sa maturité. Pour les plus jeunes, expliquer qu’il y a parfois des gens vraiment très méchants qui font du mal, est une bonne piste. Pour les enfants de plus de 6/7 ans, n’hésitez pas à aborder des notions plus complexes :

  • L’idéologie terroriste, en expliquant que des terroristes n’aiment pas l’idée que d’autres pensent différemment et veulent tuer des gens pour cette raison. Profitez-en pour rappeler ce qu’est la tolérance, et qu’il faut respecter l’idée de l’autre. Prenez pour ce faire l’exemple de la famille, en expliquant que parfois vos pensées divergent, mais que vous en parlez pour régler les conflits.
  • La notion d’embrigadement, des risques d’enfermement dans un groupe, de pourquoi c’est mal.

Les signes qui doivent vous alerter

D’une manière générale, rassurez votre enfant en faisant en sorte qu’il se sente au maximum en sécurité. Votre enfant risque de montrer des signes d’anxiété, qui sont tout à fait normaux. Chez les plus jeunes ils se manifesteront dans la régression (doudou, troubles du sommeil,…). Chez les plus de 6/7 ans ce sera des démonstrations d’anxiété (peur d’aller à l’école, de rester seul,…). Face à ces signes, rassurez l’enfant, soyez encore plus présents. S’ils perdurent, ou si l’enfant joue à des jeux inhabituels évoquant les événements, consultez un pédiatre ou un psychologue spécialisé. Du coté des médecins généralistes, si vous percevez lors d’une consultation de routine un choc émotionnel important, orientez la famille vers un confrère pédiatre ou un psychologue pour enfant.
Tous les conseils de l’AFPA pour parler des attentats terroristes aux enfants (PDF)