En 10 ans, le nombre de médecins titulaires d’un diplôme européen ou extra-européen a doublé en France. Au 1er janvier 2017, 26 805 médecins dits étrangers exerçaient dans l’hexagone, soit une hausse de 7,8 points par rapport à 2007.

Forte hausse des médecins étrangers en activité en France

Dans une étude publiée le 12 octobre 2017, le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) fait état d’une forte hausse du nombre de médecins étrangers exerçant en France. 26 805 médecins titulaires d’un diplôme obtenu hors de l’hexagone pratiquaient au 1er janvier 2017. Parmi-eux 22 619 étaient en activité régulière.
Le CNOM constate également une forte présence de médecins diplômés en Roumanie. Ils sont actuellement 4 254 à soigner des Français. Un nombre similaire à celui des médecins algériens (4 812) mais qui a été multiplié par 7 depuis 2007 (+659% de médecins). La Roumanie est victime d’une fuite des cerveaux depuis son entrée dans l’Union européenne. Une fuite due à des salaires « catastrophiques », estime-t-on au CNOM.

30 000 médecins étrangers devraient exercer en France d’ici 2020

Le nombre de praticiens diplômés à l’étranger a donc doublé en France, ce qui représente 26 805 professionnels. En se basant sur cette forte croissance, le CNOM estime qu’il devrait se porter à 30 000 d’ici 2020, dont 4 711 médecins originaires de Roumanie. C’est simple, aujourd’hui sans les médecins étrangers certains hôpitaux ne pourraient tout simplement pas accueillir de patients.

Des médecins étrangers contre les déserts médicaux

Le rapport proposé par le Conseil National de l’Ordre des Médecins est paru la veille de la présentation par le gouvernement d’un nouveau plan de lutte contre les déserts médicaux. L’arrivée des médecins étrangers peut-elle enrayer ce phénomène ? Pour l’Ordre la réponse est en demi-teinte : oui et non. Effectivement, le recours à des professionnels de santés diplômés hors France pourrait répondre aux problématiques de la démographie médicale. Sur le court terme du moins.
La majorité de ces praticiens (62%) choisissent le salariat, généralement au sein d’un hôpital. Le Docteur François Arnault, chargé de ces questions au CNOM, estime que ces professionnels « rend(ent) énormément service à certains hôpitaux ». Les hôpitaux ont du mal à attirer les jeunes médecins français.
Cependant, le CNOM considère également que ces médecins « ne sont pas la solution pour combattre les déserts médicaux ». Leur nombre bien que croissant reste insuffisant pour compenser la baisse régulière des médecins généralistes en exercice. Par ailleurs, le Docteur François Arnault précise que ceux qui choisissent de s’installer « ne vont pas forcément dans les endroits où l’on aurait le plus besoin d’eux ». Les praticiens diplômés à l’étranger choisissent majoritairement de s’installer en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Occitanie, en Ile-de-France (29% des médecins pour cette zone). Pour approfondir ce sujet, nous vous invitons à lire notre article sur l’atlas 2017 de la démographie médicale en France.