On estime que 73 millions d’appareils de santé connectée circulaient dans le monde entier en 2016. Un nombre qui parait déjà conséquent, et qui devrait être porté d’après une enquête de Grand View Research à 161 millions à l’horizon 2020. Quand on pense pourtant à « objet connecté » aujourd’hui en France on imagine plutôt des outils dédiés à la pratique du sport, ou utiles à la maisonnée. Quels sont les usages de cette technologie dans le domaine de la santé ? Gadget ou véritable enjeu ?

Santé connectée : de la montre du sportif à la prothèse de genou connectée*

Les objets connectés appliqués au domaine de la santé ont-ils trouvé leur public ? Une chose est sûre, et ce n’est pas une surprise, les wearables (montres, vêtements,…) s’imposent dans le marché des objets médicaux connectés. Ce sont les dispositifs de surveillance qui remportent majoritairement les suffrages. Un succès qui incite les acteurs privés à développer des appareils de santé connectée. Nokia a ainsi racheté Withings une société française qui développe et commercialise des produits high tech, dans le but de proposer une gamme de produits de santé connectée. Balance reliée au wi-fi, applications de suivi de santé ou encore tensiomètre devraient former la ligne.

Car ce qui séduit les utilisateurs, c’est bien l’idée de pouvoir mesurer et enregistrer des données liées à  leur activité physique et à leur état de santé général. C’est d’ailleurs pour cette raison que les produits de mesure de la pratique sportive ont de nombreux adeptes. Fréquence cardiaque, respiration, calories…des statistiques liées à l’activité physique qui incitent les usagers à dépasser leurs limites.

Santé connectée : au-delà des wearables

L’impression 3D, les wearables et la réalité virtuelle sont déjà exploités dans le secteur médical. Pourtant le monde connecté pourrait aller encore plus loin. La piste d’un cloud médical qui centraliserait les informations des patients serait ainsi pratique et est actuellement envisagée. Seule la question des données personnelles pourrait freiner cette évolution, bien que les français soient 78% à se dire favorables à la transmission de leurs données.

Et même aller bien plus loin…Certains voient le futur de la e-santé par le corps des patients et sous la peau. Un projet développé à Brest a ainsi reçu un soutien financier de la part de l’Etat de 7,9 millions d’euros pour le développement d’une prothèse du genou connectée. FollowKnee est équipé de capteurs qui suivent et enregistrent le fonctionnement mécanique de l’articulation du genou. Ce qui permet après analyse des informations de révéler des signes d’infection et de les traiter à temps. Une alerte signale l’anomalie lorsque la température et le pH changent.

Santé connectée : est-ce vraiment une bonne idée ?

L’e-santé promet de belles avancées. Cependant sa démocratisation est ardue. La question de la confidentialité des données malgré l’approbation des Français n’est pas réglée. L’installation et l’acquisition de matériels connectés implique par ailleurs des  coûts conséquents. Tout comme la formation des professionnels aux techniques high tech qui s’annonce onéreuse. Par ailleurs le suivi et l’analyse des données par les utilisateurs, pour le cas des wearables notamment, peuvent entraîner des dangers. Seul un médecin est réellement habilité à comparer des statistiques, et à intervenir si besoin. L’accès à des informations enrichies pourrait donner un sentiment de « maîtrise » à certains, et par conséquent générer des comportements dangereux.