Chaque année le Conseil National de l’Ordre des Médecins publie son atlas de la démographie médicale. Construit à partir des données du tableau de l’Ordre des médecins, il offre un panorama des pratiques médicales en France toutes spécialités confondues. Effectifs, densité médicale, inégalités :  retour sur les chiffres clés de la démographie des médecins en France en 2018.

Plus de médecins en activité régulière au 1er janvier 2018

Au 1er janvier 2018 sur 100 médecins inscrits 67 étaient en activité régulière. 6 cumulaient un emploi et une retraite, et 4 exerçaient en intermittence. Le reste des médecins correspond à des praticiens sans activité, majoritairement des médecins retraités.
D’une façon plus globale, sur 296 755 médecins inscrits à l’Ordre des médecins 198 081 avaient une pratique régulière. Un nombre qui peut paraître faible, mais qui est en progression en comparaison avec le précédent rapport 2017 (+0,1%).
Si on s’intéresse en revanche aux médecins généralistes, l’érosion des effectifs est réelle. Elle suit une tendance observée depuis 2010 où 94 261 professionnels pratiquaient la médecine générale, contre 87 801 en 2018. Une baisse de 0,4% depuis 2017, et de 7,3% depuis 2010.
L’exercice régulier de la médecine générale ne cesse de décroître à l’inverse des autres cohortes de médecins : +3% de spécialistes médicaux depuis 2010 et +8% de spécialistes chirurgicaux depuis la même année.

La féminisation du corps médical se poursuit

Dans le rapport 2018, la médecine confirme sa progression vers la parité. La féminisation du corps médical se maintient avec 47,4% de médecins femme en activité régulière. La tendance est davantage observable dans certains départements, tous urbains.
Si l’inégalité de pratique en fonction du sexe se réduit d’années en années, on ne peut en dire autant pour le renouvellement des générations de médecins d’un secteur à l’autre. C’est notamment le cas dans la médecine générale où le rapport médecins de moins de 40 ans/ médecins de 60 ans est de 0,85. Il est de 0,99 pour les autres spécialités médicales, et de 1,21 pour les spécialités chirurgicales.

La pratique médicale toujours inégale

Déserts médicaux, inégalités territoriales. Depuis plusieurs années ces constats sonnent comme un leit motiv. La densité des médecins généralistes a baissé de 9,8% entres 2010 et 2018. Pour ce qui est du moins des départements à la densité élevée. Si on s’intéresse au décile le plus défavorisé ce taux passe à 19,8%.
Un constat similaire est observable pour les spécialistes médicaux : la densité est 2,5 fois plus basse pour le décile le plus défavorisé en comparaison avec les départements les mieux dotés. Les disparités territoriales sont non seulement fortes, mais elles se creusent d’années en années.
Une inégalité d’autant plus inquiétante que le rapport met en évidence un lien entre faible densité médicale, et la part des plus de 60 ans de la population générale. A titre d’exemple, dans la Creuse, la densité des spécialités médicales est moitié moins importante que celle de la France. Alors que le nombre d’habitants de plus de 60 ans est nettement supérieur ( 38,2% contre 25% en France).
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