Si on demandait à un médecin ce qui fonde la relation patient-praticien, il répondrait certainement : la confiance. Garante de l’écoute et du suivi des traitements, la confiance est aussi un gage de sécurité pour le médecin. Pourtant une étude réalisée par des chercheurs en sciences sociales du Collège communautaire de Middlesex a démontré que 70% des personnes mentent à leur médecin. Une pratique dangereuse qui peut conduire un professionnel de santé à adopter une mauvaise approche clinique, ou à un surdosage médicamenteux.

Quand peur et honte conduisent au mensonge

« Peur d’être jugé », « pas envie d’entendre que leur comportement est mauvais pour leur santé ». La peur et la honte motivent les menteurs à travestir la vérité ou à mentir par omission. L’étude susnommée a révélé que le mensonge était généralement délibéré. Mais si le faux est prêché sciemment, ce n’est pas par vice de la duperie mais bien par crainte de l’image générée.
Passer pour un « mauvais patient » inquiète, tout comme faire perdre du temps à son médecin. On ment souvent en pensant que l’information n’a pas d’importance. Les patients craignent d’allonger la durée de la consultation en communiquant des informations futiles. C’est observable notamment dans les déserts médicaux, où la rareté donne le sentiment que le temps est davantage compté.

Quelles sont les informations cachées par les patients au médecin ?

Les informations qui ne sont pas toujours divulguées au professionnel de santé lors d’une consultation sont les suivantes :

  • L’incompréhension ou le désaccord quant aux préconisations/traitements du soignant
  • Une hygiène de vie mauvaise : alimentation malsaine, manque de pratique sportive
  • La prise d’un médicament en automédication, ou prescrit par un autre praticien
  • Le non-respect d’une ordonnance sur la prise de médicaments

Rassurer pour pousser les menteurs à se confesser

Les patients mentent c’est un fait, mais cela ne doit pas être une crainte pour les médecins. Si la pratique est dangereuse, bâtir une relation basée sur la confiance, l’échange, l’écoute et la répétition devrait limiter le phénomène. Le rôle du médecin est d’expliquer les choses, mais aussi de s’assurer qu’elles sont bien comprises. Faire répéter l’information par son patient avec ses propres mots est un bon exercice.
Lever les tabous, rappeler au patient qu’il peut s’exprimer librement est aussi une piste pour libérer la parole. La confiance est une relation fragile, longue à bâtir. Mais c’est la clé d’une relation patient-praticien saine, efficace et sans tabous.